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Discours officiels

DISCOURS de Mark R. Lundell À PARIS, LE 1ER DÉCEMBRE 2016

Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Secrétaire d'Etat,
Monsieur le Président de la Banque africaine de développement,
Chers collègues et partenaires de développement,
Mesdames et Messieurs,

C'est un honneur et aussi une joie que d'être ici avec vous aujourd'hui pour soutenir le développement de Madagascar.

Permettez-moi tout d’abord de vous présenter les excuses de Monsieur Makhtar Diop, Vice-Président pour la Région Afrique. Il était venu à Madagascar dès le mois de mai deux mille quatorze (2014) pour rencontrer son Excellence Monsieur le Président et avait immédiatement donné son appui à Madagascar et à l’organisation de cette Table Ronde. Il désirait fortement être avec nous aujourd’hui pour marquer l’engagement institutionnel et personnel vis-à-vis de Madagascar mais malheureusement, des raisons de santé l’ont retenu à Washington.

Résultats récents
Voilà plus de deux ans et demi que le pays a renoué avec la démocratie. Deux ans et demi d'efforts à parer au plus urgent, à remettre en place des institutions, à relancer les finances de l’Etat, à réapprendre à travailler ensemble, et à créer les conditions d’une stabilité.

Aujourd'hui, le Gouvernement peut se targuer d'avoir dépassé cette première phase critique.

Non sans difficultés, les programmes de soutien aux secteurs de la santé et de l’éducation se mettent en place. Plusieurs routes nationales sont en voie de réhabilitation. Les programmes d’amélioration des infrastructures d’irrigation progressent. Les recettes fiscales sont en hausse grâce à une plus grande discipline de l’administration. Certaines décisions difficiles de réduction de subsides – tels que ceux au carburant à la pompe – ont été adoptées. Un programme à trois ans garantissant un cadre macroéconomique pour une croissance inclusive ans a été conclu avec le FMI. Les dépenses sociales et en infrastructure repartent enfin sur une courbe légèrement ascendante. La croissance économique dépassera plus que probablement les quatre pourcent en deux mille seize (2016), alors qu’elle n’avait été que de deux virgule six (2,6) pourcent en moyenne depuis deux mille onze (2011).

Monsieur le Président, vous et votre Gouvernement pouvez être fiers de ces premiers résultats ! Le succès du Sommet de la Francophonie le weekend passé et, nous espérons, le succès de cette conférence marquent le début d’une nouvelle phase. L’horizon s’élargit enfin !

Les enjeux pour l’avenir
Madagascar peut maintenant se focaliser sur la mise en œuvre de réformes en profondeur et d’investissements à long terme. Seuls ceux-ci peuvent transformer le pays et assurer que toute la population malgache participe à cette croissance.

Les enjeux sont immenses. Un premier défi est celui de la pauvreté. Il faut en parler ouvertement, sans gêne ni honte, et réfléchir sereinement aux meilleures approches pour donner les opportunités à tous d’accéder à un plus grand bien-être.

Malgré le fait que Madagascar ait une abondance de ressources naturelles, soixante-dix-huit pourcent de la population sont dans un mode permanent de survie, vivant avec moins de un dollar et quatre-vingt-dix centimes ($1,90) par jour. On estime que trente pourcent n’ont rien : pas de terres à cultiver, pas de bétail, pas d’épargne mais des dettes, peu d’accès aux services d’éducation et de santé.

A ce stade, cette frange importante de la population a trop peu tiré les bénéfices de cette stabilité retrouvée.

Cette population fait face à de multiples défis. Chaque agence ici présente pourrait citer des statistiques plus alarmantes les unes que les autres : le taux de malnutrition chronique parmi les enfants de moins de cinq ans est un des plus élevés au monde ; tous les jours, dix femmes meurent en couche dont trois sont des adolescentes ; la productivité du riz – dont quatre-vingt pourcent de la population dépendent pour sa survie – stagne ; Madagascar est un des dix pays au monde qui sera le plus affecté par le changement climatique et nous en voyons déjà malheureusement les premiers effets dans le Sud du pays.

La stratégie
Ces défis ne peuvent être résolus dans l’urgence. Comme vous l’avez dit vous-même il y a quelques jours à la presse, Monsieur le Président, tout est prioritaire mais il y a des « priorités des priorités » : le décollage de l’agriculture et le développement de l’agro-industrie ; les investissements dans d’autres secteurs porteurs tels que l’énergie ; les investissements dans le développement humain, et la bonne gouvernance qui se marque par des pratiques de transparence, de redevabilité, de justice et de concurrence.

Nous sommes dès lors très heureux de voir le travail de réflexion qui a précédé cette conférence. Il a commencé avec le Plan National de Développement. Il est maintenant étoffé de plusieurs stratégies sectorielles qui sont orientées vers le moyen et long terme.  

Partenariat
Nous nous associons à ces stratégies et sommes heureux de pouvoir vous aider à trouver les moyens de les mettre en œuvre dans un esprit de partenariat.
Nous apprécions les efforts qui sont en cours pour augmenter les ressources propres du pays. Mais il faut aussi que la communauté internationale contribue à cet effort. Madagascar est un des pays qui reçoit le moins d'aide au monde. En 2014, alors que le pays était sorti de la crise, il a reçu le moins d’aide par habitant après la Corée du Nord. Nous devons nous mobiliser plus pour votre pays.

C’est ce que nous ferons au cours des deux jours qui viennent, avec vous, les Partenaires Techniques et Financiers, et les Investisseurs.

Conclusion
Nous arrivons donc à cette conférence, tournés vers un avenir meilleur, mais sans oublier les leçons du passé.

Nous pouvons vous assurer, Monsieur le Président, que le Groupe de la Banque mondiale poursuivra un engagement fort avec vous et toute la population de Madagascar.

 

 

Mark R. Lundell

Country Director for Madagascar, Mauritius,
Mozambique, Comores and Seychelles

 

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