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Discours officiels

DISCOURS DE MICHAËLLE JEAN À PARIS, LE 1ER DÉCEMBRE 2016

Monsieur le Président de la République de Madagascar,

Mesdames, Messieurs les Ministres,

Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs,

Mesdames Messieurs les Représentantes et Représentants des Organisations internationales et des

Institutions financières internationales,

Mesdames, Messieurs,

Cette conférence des bailleurs et investisseurs pour Madagascar, à laquelle je suis très heureuse de participer, tombe à point nommé, quelques jours à peine après le XVIe Sommet des Chefs d’État et degouvernement membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) qui s’est tenu à Antananarivo. Ce Sommet, exceptionnel et en tous points réussi, a illustré, de manière éclatante, le retour plein et entier de Madagascar au sein de la communauté internationale. Il a démontré aussi le désir profond et la volonté de tout un peuple de renaître à lui-même avec confiance.

Que Madagascar ait pu, en effet, organiser avec tant de succès son plus grand événement international depuis l’indépendance, témoigne du dynamisme de ses autorités et de sa population, si peu de temps après le retour de l’ordre constitutionnel en 2014. Ce Sommet peut être vu comme une consécration, j’y vois surtout un point de départ. Le thème autour duquel Madagascar a choisi de rassembler les 80 États et gouvernements participants, Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone", est une feuille de route volontaire. Cet appel à mobilisation, Madagascar le lance comme un cri d’alarme et en connaissance de cause.

Le pays a connu, sur fond de misère, une crise majeure, à la fois politique et sociale, qui l’a beaucoup éprouvé et fragilisé davantage. Madagascar s’en est sortie et nous l’avons accompagnée. Le retour à l’État de droit est le socle indispensable sur lequel la Grande Ile veut et peut désormais retrouver et inspirer confiance. Il faut cette confiance, car nous savons combien les défis restent importants. Et, je dirais, qu’il faut une prime à l’État de droit, un dividende de la démocratie, sinon le découragement prévaudra, et avec lui, le risque d’un retour à l’instabilité.

Or, Madagascar nous demande justement de croire en ses possibilités, de miser sur toutes ses potentialités, de nous associer à l’État et à la population malgaches dans tous les efforts engagés pour lutter contre l’extrême pauvreté, toutes les initiatives pour stimuler de façon viable la croissance et pour bien ancrer le développement humain et économique, de manière durable, juste et inclusive. Je veux témoigner ici de la vaillance, du sens du travail bien fait, du courage, du génie et de la persévérance des Malgaches qui, toutes et tous, attendent que la restauration de l’ordre légal se traduise aussi par une amélioration de leurs conditions et de leur qualité de vie, en matière d’éducation,de professionnalisation, de politiques sociales, sanitaires, économiques et environnementales, de reconnaissance et de renforcement de leurs capacités et de leurs compétences.

Rien que pour accueillir le Sommet, nous avons vu comment Madagascar a su construire des infrastructures remarquablement pensées en fonction des besoins à court, moyen et long terme, pour la mise en valeur de ce que le pays a à offrir et comme un investissement dans son capital d’attractivité.

On est frappé par le dynamisme et le savoir faire des collectivités, si laborieuses, si créatives et si inventives.

On est frappé par l’énergie de tous ces jeunes, ces femmes et ces hommes de bonne volonté qui disent et montrent l’envie de tout un peuple de se tourner vers l’avenir et de s’ouvrir au monde.

On est aussi frappé par les atouts uniques de cette île continent qui est d’une infinie beauté, dotée de richesses naturelles uniques et très abondantes, de terres généreuses et fertiles, d’une biodiversité à nulle autre pareille et classée au patrimoine mondial.

Autant de composantes enviables pour un développement intégré, en appui sur des filières diversifiées, allant de celles liées au tourisme durable ou encore à l’agroalimentaire, aux plantes à valeur ajoutée, à l’exploitation responsable des ressources naturelles, aux nouvelles technologies, à l’entrepreneuriat social, aux services, le tout décliné sur la création de chaînes de valeur, voire d’activités innovantes.

De plus, Madagascar baigne dans les eaux les plus poissonneuses du monde, au cœur des routes maritimes de l’Océan indien. Le secteur de l’économie bleue, que le Sommet d’Antananarivo a mis en avant dans l’une de ses résolutions, en est un stratégique pour la Grande île, et qui est largement sous exploité. Oui, Madagascar a besoin de la solidarité des bailleurs internationaux et de la confiance des investisseurs privés.

Mais si ces concours extérieurs sont indispensables, et c’est l’objet de cette réunion, je voudrais souligner combien, en se rendant à Madagascar, ce sont les conditions de cette croissance durable qu’il s’agit aujourd’hui de renforcer, par le financement des projets d’infrastructure, d’énergie, d’accès à la santé, d’éducation et de formation professionnelle, de soutien à l’entrepreneuriat dans une optique de création d’emplois pour les jeunes qui forment plus que la moitié de la population.

Pour tous ces projets, Madagascar peut compter sur le soutien de la Francophonie et de chacun de ses Etats membres. L’OIF a ainsi inauguré voici quelques mois un premier projet pilote d’incubateur de TPE et de PME à Antananarivo afin justement de favoriser l’emploi par l’entreprenariat chez les jeunes et les femmes. L’objectif est d’aider l’État à multiplier ces dispositifs d’accompagnement d’entreprises y compris en région rurale.

Ce programme qui couvre une douzaine de pays d’Afrique francophone a été lancé en premier lieu à Madagascar, comme symbole de notre confiance dans le redressement du pays. D’autres actions se poursuivent, notamment sur le plan de la formation et de l’éducation. Et Madagascar sait qu’elle peut compter sur le soutien de toute la Francophonie et de ses nombreux réseaux professionnels d’expertises et d’institutions.

Ainsi, les réseaux des ministres francophones des finances sont très actifs sur les questions de mobilisation des ressources intérieures, un sujet  essentiel pour le financement endogène du développement et la viabilité à long terme de l’écosystème.

Le réseau des ministres du commerce est aussi pleinement mobilisé pour faire valoir la voix des pays à faible revenu dans les négociations internationales. Enfin, on ne soulignera jamais assez les potentialités d’échanges entre les acteurs privés, qui seuls sont en mesure de créer dans la durée des emplois pour les jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Pour les filières économiques structurantes, comme l’agriculture, le réseau francophone peut apporter de l’expertise, des mises en relation, et des bonnes pratiques à partager. Cela vaut aussi pour un secteur essentiel comme le numérique, qui est à la fois un secteur des plus prometteurs et la condition du développement des secteurs traditionnels. Ce sont donc tous les  aspects du Plan national de développement de Madagascar que l’Organisation internationale de la Francophonie est prête à accompagner avec ses Etats membres et ses opérateurs, car nous croyons à l’émergence de Madagascar et à sa pleine insertion dans l’espace régional de l’Océan indien, et plus largement dans l’espace économique francophone.

Nous ferons tout pour accompagner le retour des investisseurs, comme nous avons accompagné la création de l’Agence Malagasy de développement économique et de promotion des entreprises (AMDP), que vous avez lancée, M. le Président, au siège de l’OIF en septembre dernier. Toutes les conditions sont donc réunies pour que cette conférence des bailleurs et des investisseurs soit un grand succès : le moment est venu pour Madagascar de s’élancer avec résolution vers l’avenir, pour ses partenaires d’avoir confiance dans la détermination du peuple malgache et pour ses autorités de saisir ce moment unique.

Pour la communauté des bailleurs, c’est aussi une possibilité de réaliser pleinement l’Agenda 2030 des Objectifs du développement durable dans un pays qui rassemble tous les défis mais qui recèle aussi toutes les opportunités.

Soyez assuré, M. le Président, que le Francophonie sera aux côtés de Madagascar pour l’accompagner dans cette nouvelle étape si prometteuse.

Je vous remercie.

 

 

MICHAËLLE JEAN

SG de la Francophonie

 

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