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Discours officiels

Discours du Président de la République de Madagascar à l'ouverture de la CBI

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais souhaiter la bienvenue à vous tous qui êtes venus si nombreux aujourd’hui à Paris. Vous venez des quatre coins du monde et c’est la preuve la plus éclatante de l’intérêt que vous portez tous à Madagascar, vous, représentants de Gouvernements, d’institutions multilatérales de financement de développement, vous, représentants du secteur privé, d’organisations non gouvernementales et de lasociété civile.

Voilà huit ans que s’est tenue la dernière réunion des amis de Madagascar, huit ans qui ont vu le pays sombrer dans une crise politique, économique et sociale sans précédent de cinq années.

Je voudrais vous affirmer aujourd’hui que nous sommes maintenant sur la voie de la stabilité. Notre démocratie se construit de jour en jour dans sa dimension politique. Mais elle doit absolumentaller de pair avec le développement économique et social. Nous sommes résolument engagés sur la voie du progrès économique et sociale. Ce n’est pas une tâche aisée. Il fallait avant tout rétablir l’ordre constitutionnel. Ce fût chose faite avec les élections qui se sont succédé depuis la fin de l’année 2003 pour les élections présidentielle et législatives, et depuis le second semestre de l’année dernière pour les municipales et sénatoriales. Il nous fallait ensuite retrouver notre place au sein de la communauté internationale et retrouver la confiance de nos bailleurs traditionnels et des investisseurs.

La succession de sommets et d’événements que nous venons de recevoir cette année et notamment ces dernières semaines illustre, si besoin encore était, le retour de Madagascar à sa place au sein la communauté internationale. Je veux parler du sommet des chefs d’Etat du COMESA, du Salon Africain du Textile et de l’Habillement« Origins Africa » , et enfin du sommet de la francophonie qui vient de se terminer dimanche dernier à Antananarivo.

Je n’ai qu’une ambition pour mon pays : réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie de mes compatriotes. Cette ambition, je l’ai fondée sur notre adhésion totale au défi de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable que nous nous sommes fixés ensemble, mais aussi sur la vision claire de l’avenir que nous voulions donner à notre pays: celle d’un MADAGASCAR MODERNE et PROSPERE.

Cette vision a été traduite dans le Plan National de Développement dont les éléments essentiels vous sont connus mais qui seront rappelés par le Ministre de l’Economie et du Plan dans quelques instants. Il ne suffit pas de se doter d’un cadre ambitieux pour conduire le pays sur la voie du redressement économique. Il n’est pas moins essentiel que soient créées les conditions d’une bonne mise en œuvre du Plan National de  Développement. J’entends par là, une bonne gestion des finances publiques, le retour à de bonnes pratiques de gouvernance, à la mise en œuvre de profondes réformes dans tous les secteurs du domaine public. J’entends par là, une volonté ferme de lutter contre la corruption à tous les niveaux, bref, d’un retour à l’état de droit. Cette volonté nous l’avons. Ces réformes, nous avons commencé à les mettre en œuvre. Nous avons bénéficié de la caution du Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International avec l’adoption récente de la Facilite Elargie de Crédit. Les résultats sont là. Au moment où, à travers le monde, on observe un ralentissement général des économies, Madagascar est optimiste car nous prévoyons un taux de croissance de 4,1% en 2016 et une prévision de 4,5% en 2017. L’inflation est maîtrisée, les réformes dans le secteur public commencent à porter leurs fruits.

Je suis conscient qu’il reste beaucoup à faire et que nous avons encore un long chemin à parcourir, s’agissant en particulier des entreprises publiques, au premier rang desquelles je place la sociéténationale d’eau et d’électricité la JIRAMA.

L’avenir se présente donc sous de bons auspices mais nous avons plus d’ambitions légitimes. Si nous voulons vraiment faire décoller dans les meilleures conditions notre économie, il nous faut viser un taux de croissance un peu plus important que celui qui est envisagé actuellement. J’ai proposé au Gouvernement un objectif de 6,5% de croissance annuelle qui va au-delà des 5% de croissance convenu avec le FMI. Seul un taux de croissance de cet ordre pourra garantir les changements structurels qui amèneront une réduction significative de la pauvreté. Cet objectif de  croissance signifiera aussi la relance des investissements, l’accroissement des exportations, la réduction des disparités entre les régions et entre les villes et les campagnes, disparités qui sont malheureusement la marque de notre tissu économique.

Que faut-il faire pour cela ? Approfondir les réformes bien entendu, afin de créer les conditions d’un accroissement du taux d’investissement tant public que privé, bien au-delà de leur niveau actuel. Il s’agit, pour utiliser l’expression communément admise, d’élargir « l’espace fiscal » qui permette au Gouvernement de faire face à ses obligations sociales et au besoin de rénovation de l’infrastructure publique, accroissement des recettes, meilleure répartition des dépenses : voilà les deux impératifs que nous nous sommes fixés.

Nous sommes conscients cependant que nos seuls efforts, aussi méritoires soient-ils, seront insuffisants pour apporter ce surcroît d’investissements dont nous avons tant besoin. Nous sommes convaincus que nos besoins sont autant d’opportunités pour vous. Madagascar est un pays d’investissement idéal. Et c’est ensemble  que nous pourrions rendre réelles ces opportunités.

C’est la raison pour laquelle nous vous avons invités à la présente Conférence. Nous voulons, au cours de ces deux jours, partager avec vous notre vision, nos défis, nos priorités et nos besoins. Les besoins du pays dans tous les secteurs sont immenses. Mais ce que nous voulons vous présenter c’est l’ensemble des besoins les plus pressants que nous sommes certains de pouvoir mettre en œuvre de façon réaliste au cours des trois prochaines années sans affecter notre capacité d’endettement.

Quelles sont justement ces priorités ? La priorité majeure est le Développement rural: plus de 70% de la population y vivent encore et l’amélioration du cadre économique d’exercice des activités dans l’agriculture, la pêche et l’élevage est une condition sine qua none de tout processus de développement du pays.

Par ailleurs, c’est dans le secteur social, éducation et santé, que nos efforts doivent aussi porter en priorité. Je veux parler de tous les programmes et projets qui affectent directement le plus grand nombre dans toutes les régions et les couches sociales les plus défavorisées, urbaines comme rurales. Mais la priorité, ce sont également les infrastructures dontl’inexistence ou le délabrement constitue à l’heure actuelle un obstacle sérieux à  l’épanouissement des initiatives. Troisième priorité, l’énergie, qui constitue pour nous un défi crucial. Le coût rédhibitoire de l’électricité, une production infime au regard des besoins malgré des potentialités immenses sont autant de frein au développement de l’industrie mais également à l’amélioration du bien-être de la population. Développer le plus rapidement les énergies renouvelables, réformer en profondeur notre système de production et de distribution, tels sont les impératifs que nous nous sommes fixés. D’autres secteurs et ressources sont à exploiter : le tourisme, les mines, l’économie bleue etc....

Je ne voudrais pas terminer mon allocution sans parler de ce qui fait le caractère unique de notre ile, sa biodiversité, le taux exceptionnel d’endémicité de sa faune et de sa flore, bref, ce capital naturel dont 50% de notre économie dépend et qui est notre meilleur rempart contre le changement climatique. Il n’est pas étonnant que cette diversité soit considérée comme un « bien public mondial » par la communauté internationale et qu’elle fasse l’objet de toutes nos attentions depuis 25 ans. Il n’est donc pas surprenant, vu l’importance cruciale de la conservation de notre biodiversité, que nous avons décidé de consacrer une session spéciale au cours de ces deux jours, à ce problème de l’environnement. Nous avons de grandes ambitions pour notre pays. C’est pour nous accompagner dans cette entreprise de redressement que nous vous convions. Nous avons une conscience réaliste de nos limites: financières autant que techniques. Nous avons besoin de l’aide publique mais nous avons autant besoin d’investissements privés. Nous ne ménagerons aucun effort pour améliorer l’environnement des affaires comme vous pourrez le constater lors de la deuxième journée. Au-delà de l’aide publique, au-delà des investissements privés, nous avons tout autant besoin d’assistance technique et de transferts de technologies dans tous les secteurs.

Pour terminer, je suis persuadé qu’à partir d’aujourd’hui et notamment demain soir à l’heure du bilan, les engagements que vous aurez pris,  dépasseront largement nos attentes.

Sur ce, je vous souhaite une bonne et fructueuse conférence.

Je vous remercie

 

Hery RAJAONARIMAMPIANONA

Président de la République de madagascar

 

 

 

 

 

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